Effroyables jardins (M.Quint)

J'aime ce nez rouge sur simple fond gris...Emouvant

Quatrième de couverture :
« Certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de Maurice Papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d'audience. [...] L'ancien secrétaire général de la préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n'est moins sûr. Par la suite l'homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidoiries. À chaque fois, il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé. Un huissier se souvient de l'avoir entendu dire après que le verdict fut tombé :
-Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ? »
L'auteur dédie ce court texte lumineux, émouvant et métaphorique à la mémoire de son grand-père, ancien combattant à Verdun et de son père, ancien résistant. 

 L'histoire :
Un jeune garçon ne supporte plus de voir son père, instituteur de métier, accepter de faire le clown, nez rouge en prime, en toute occasion et dès qu'on lui demande. Un jour où toute la famille (avec l'oncle Gaston et sa femme) va au cinéma ,un long silence inhabituel enveloppe son père au moment du générique où apparait le nom d'un Allemand qu'il a bien connu, ainsi que Gaston. Ce dernier prend alors le jeune garçon à part et décide de lui révéler l'histoire de la vocation de clown de son père, ce père qu'il méprise...Et on entre alors, par le biais de destins croisés, dans l'histoire de la seconde guerre mondiale,  de ses absurdités, ses lachetés, de la résistance, les otages, la solidarité et l'amitié aussi. L'histoire d'anonymes qui, par leurs actions, participèrent aussi à la victoire...

Impressions de lecture :
Du point de vue du récit, ce tout petit livre est un bijou de délicatesse, d'humilité, de déférence pour tous ces anonumes qui toute leur vie portèrent leurs blessures morales à leur manière. Les personnages sont attachants, dans leurs faiblesses et leurs secrets enfouis. Et leur évolution est très bien racontée.
Mais...Il faut pour cela entrer dans l'écriture de l'auteur, une écriture directe, un peu dans le style "parlé", hachée, rapide. Je ne sais vraiment comment la qualifier. Personnellement, j'ai été touchée par cette écriture et dès lors, l'émotion m'a souvent prise à la gorge...Mais peut être est-ce parce-que j'avais en tête le film...
Car il faut bien le reconnaitre, j'ai malgré tout préféré le film. Bien qu'un peu différent, notamment sur le sort de l'Allemand, les personnages, les émotions que dégagent subtilement Villeret et Dussolier (et même Magimel et L'hermitte) et tous les seconds rôles (à part le gamin...)sont fortes, le film est sublime et fidèle à l'esprit du livre.

Le livre m'a cependant beaucoup plu, je le pense très beau et poignant mais l'écriture peut rebuter...

L'auteur en bref :
Michel Quint est né en 1949. Il a publié une vingtaine d'ouvrages (romans noirs et nouvelles) parmi lesquels Sanctus, Cake-Walk et Lundi perdu publiés par Joëlle Losfeld, Le Bélier noir et La Belle Ombre publiés chez Rivages noir.
Il a obtenu le Grand prix de la littérature policière en 1989.
Effroyables Jardins a fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Jean Becker en 2003.Avec un duo formidable, Dussolier/Villeret ainsi que L'Hermitte et Magimel (les deux autres otages).

Le deuxième volet d'Effroyables Jardins a paru en 2002 aux éditions Joëlle Losfeld sous le titre Aimer à peine: je vous en parle prochainement...
challenge ABC chez XL - Lettre Q

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