Titre : Balzac et la petite tailleuse chinoise
Auteur : Dai Sijie ICI
Edition : Gallimard
Publié : 2000
Sur Photo : Folio (228 pages)
Pays : Chine
Adaptation Cinématographique : Oui en 2002
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Pourquoi ce livre ???
J’ai d’abord entendu parler du film avant de savoir qu’il y avait eu le livre.
Mon avis
Un court roman qui m’a fait connaitre une partie de l’histoire de la chine.
Nous sommes en 1971 en pleine « révolution culturelle », à l’époque où la Chine était sous régime maoïste, cette compagne est une période sombre et dictatoriale qui a duré une bonne dizaine d’années entre 1966 et 1976, fin marquée par la mort de Mao Zedong.
L’auteur ayant lui-même était touché par la dite révolution, il nous livre sa version des faits dans son premier roman qu’il a écrit dans la langue Française.
Ce livre a rencontré un vif succès un peu partout dans le monde, ceci lui a valu d’être adapté au cinéma par l’auteur lui-même qui est aussi cinéaste de formation.
Dans son livre « Dai Sijie » s’inspire donc de sa propre expérience et de son vécu ainsi que celui de ses parents pour nous relater l’histoire de deux jeunes hommes (Le narrateur et Luo), deux amis âgés respectivement de 17 et 18 ans qui au lieu de poursuivre leurs études, sont envoyés par le régime en « Rééducation » chez les paysans dans une montagne nommé «Le phénix du ciel ».
Ils seront soumis aux travaux forcés comme beaucoup d’autres d’ailleurs, considérés comme « ennemies du peuple » dont le tort est d’être « intellectuelles ! ».
Dans ces montagnes et compagnes reculées, rien n’échappait à la vigilance des chefs de villages, les consignes étaient claires, exploiter les mines de charbon et cultiver les terres représentaient le quotidien, le travail manuel en lieu et place du travail intellectuel… voilà la devise.
Et pourtant !
Nos deux compères vont mettre la main sur un trésor, un trésor caché dans une valise, un trésor inestimable qui leur ouvrira une porte vers l’évasion.
Luo et notre narrateur vivront cette aventure au côté d’une jeune fille, « La petite tailleuse », qui deviendra leur acolyte. Il se trouve qu’elle est la plus belle des filles de la montagne du Phénix du ciel, mais une paysanne avec très peu d’instructions.
L’échange entre ces trois personnes se fera dans tous les sens du terme et leur rencontre aura des conséquences sur leurs vies à tous les trois.
Sous ses airs de lecture facile de style accessible, de roman d’aventure à la pointe humoristique, ce livre véhicule des messages sérieux.
On appréciera estimer les valeurs de l’amitié et de l’amour lorsqu’ils sont soumis à rudes épreuves, c’est ce qui fait le courant de cette histoire, j’ai été touchée en retrouvant une certaine naïveté et pureté des sentiments.
J’ai été transportée par un vent de liberté que l’auteur a soufflé sur son histoire qui se déroule pourtant dans un contexte historique propice à la dictature et à la censure, cette liberté est représentée par la force de l’esprit qui habite les deux personnages qu’il a façonnait et a parfaitement animé à mon sens.
Le fait de vivre l’espace d’un roman sous régime totalitaire dans l’exercice de l’abus de pouvoir et de goûter à la fatalité, au mépris et à la misère que les hommes occasionnent à leurs semblables m’a répugné et me laisse indignée devant le fait que c’est l’homme qui dépossède son prochain dans la majorité des cas, on le voit encore et toujours malheureusement.
La question de l’oppression intellectuelle a suscité le débat philosophique dans mon conscient autour de l’importance de l’instruction et de la lecture, existe-il un rapport de concomitance entre la réflexion et l’intellectuel ? L’imaginaire peut-il vraiment sauver l’esprit muselé ?
Au milieu de cette toile de cogitations, la littérature culmine, le livre à une place de choix, et peut être détenteur de la vérité, les amoureux de la littérature française seront ravis.
Moi, il m’a libéré de certaines interrogations, suivez la petite tailleuse et vous comprendrez.
Un livre qui rapporte ou un livre qui dénonce ?! En tout cas un livre qui soulève des questions, un livre à multiples facettes, un livre feuilleté et délicat qui se déguste à la baguette chinoise et que je recommande.
Un extrait du film que j’ai visionné juste après ma lecture.
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