Interview de Susin Nielsen - Le Journal malgré lui de Henry K. Larsen



Susin Nielsen, auteur de Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère? et de Moi, Ambrose, Roi du Scrabble répond aux questions posées par Simon Roguet (libraire à la librairie M'Lire de Laval) au sujet de son nouveau roman, le Journal malgré lui de Henry K. Larsen, publié le 21 août 2013.
 
Cette vidéo a été réalisée, par Susin Nielsen, le 6 juin 2013 à Vancouver.
Le lien de la vidéo par ici.
Et pour ceux qui ne sont pas bilingues, la traduction juste là : 

Bonjour, je suis Susin Nielsen, l’auteur du Journal malgré lui de Henry K. Larsen. J’espère que je ne l’ai pas écorché. Par ailleurs, j’adore la couverture de l’édition française. Je vous présente un de mes chats, Emily, qui est sur mes genoux pendant que je vous parle. Je vais répondre à quelques unes de vos questions. Je vais les lire à voix haute :

Pour ce dernier roman, vous abordez un sujet très périlleux et beaucoup plus noir que lors de vos précédents romans. Si l’on y réfléchit, on parle dans votre roman de dépression, de brutalité, de suicide, de mort bien sûr, de culpabilité, de chagrin ou encore de colère…Pourtant vous le faites sur un ton toujours aussi enlevé, drôle et léger.

(Merci !)

En traitant d’un tel sujet mais en y associant une forme légère, vous vouliez éviter de tomber dans un récit larmoyant ?

Oui ! Je n’aime pas vraiment les livres trop sentimentaux, je n’aime pas non plus les livres dont le sujet est trop sombre. Je trouve que la littérature pour adolescents (ou jeunes adultes) est beaucoup trop sombre ou sans humour et ne correspond pas à mon regard sur le monde. La seule façon dont je pouvais aborder un sujet, qui est un sujet vraiment grave, était d’y infuser un peu d’humour.
J’imagine que c’était sans doute un risque créatif que j’ai pris, mais je suis heureuse qu’il semble fonctionner.

Pourquoi avoir choisi la forme du journal pour faire parler Henry ?
On peut y voir une certaine forme de suspense car on met du temps à savoir ce qui est arrivé à la famille de Henry. Henry ne nous donne qu’au compte goutte les situations qu’il a vécues.

Oui, j’imagine que dans chacun de mes livres, j’essaie de donner des informations par-ci par là, de façon à entretenir un certain suspense mais, je pense aussi que pour moi, c’était la seule façon dont Henry pouvait raconter son histoire. Et de fait, la façon dont il devait le dire était au compte-goutte parce qu’il ne veut pas en parler !
Mais en fait, son thérapeute est assez subtil pour comprendre qu’il ne s’exprimerait, lentement, qu’à travers l’intimité que peut apporter un journal intime.

Vous aimez bien mettre en scène des ados qui sont en décalage avec la norme. Jamais des super héros, ils font plutôt partie de ceux qui ne veulent pas se faire remarqués. Est-ce important pour vous de mettre en scène des ados « moyens » avec tous leurs défauts ?

Oui, je dirais que c’est plutôt important pour moi. Je pense…, vous savez les personnes qui réussissent vraiment bien dans la vie ne sont pas forcément les personnes les plus inspirantes pour écrire.  J’ai besoin d’écrire à propos de personnes qui ont leurs problèmes et leurs défauts et honnêtement, je pense que je ressemblais probablement beaucoup à certains de mes personnages principaux, dans le sens où, je ne correspondais pas forcément aux modèles, j’étais un peu nerd…donc, pour moi, ces personnages sont beaucoup plus intéressants.

Toujours par rapport à ces personnages, le lecteur et le personnage principal se font souvent avoir par leur première impression qui se révèle souvent inexacte. Vous pensez qu’il faut toujours se méfier du premier regard sur les autres ?

Et bien, je suis souvent coupable moi-même de donner des étranges premières impressions aux gens et vous avez raison, c’est quelque chose que mes personnages principaux font souvent. Violet le fait dans Moi, Ambrose, Roi du Scrabble et Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ? et Henry le fait également dans ce livre.
Et dans ce livre, c’était particulièrement intentionnel parce que, vous savez, dans la façon dont il le fait avec Farley, par exemple, Farley arrive un peu comme une espèce de stéréotype de geek asiatique et vous savez, d’une autre façon, Jessie était … les gens ont basés leur opinion sur Jessie par rapport à une horrible première impression qui était dans l’auditorium de l’école, la fois où il avait oublié de porter des sous-vêtements…
Donc oui, c’était important pour moi…au travers de la voix d’Henry, et en utilisant ce procédé, on se rend compte, lentement mais sûrement, que ces personnages sont beaucoup plus que ce qu’ils représentent en surface.

Pour revenir à ce dernier roman, pensez-vous que celui-ci marque un tournant dans votre production pour adolescents ?

Je ne pense pas… Le livre sur lequel je suis en train de travailler n’est pas aussi sombre que Le journal malgré lui de Henry K. Larsen. Je ne pouvais pas continuer à écrire sur des sujets aussi sombres. Celui que j’écris en ce moment sera plus proche, par son ton, de Moi, Ambrose, Roi du Scrabble, par exemple, avec deux narrateurs différents.

Ok, et laissez-moi regarder…


C’est finalement un roman dont le thème principal pourrait être la mort mais qui parle surtout de la vie et de ceux qui restent. Du « comment peuvent-ils vivre avec cela ». La fin est presque lumineuse, en tout cas avec l’espoir d’un meilleur possible. Etait-ce essentiel pour vous de mettre en avant cet espoir?

Absolument. Oui, je pense que c’est mon objectif dans la vie et essentiellement pour mes lecteurs, je les veux avec un sens de l’espoir. La vie d’Henry ne va pas être facile, je ne pense pas que le mariage de ses parents va durer mais il y aura beaucoup de très bons moments dans sa vie aussi et même si c’est quelque chose qui sera en lui pour toujours, tout se passera bien !

Et je pense que je vais m’arrêter ici parce que ça fait plus de six minutes maintenant.
J’aimerais tellement être à Paris avec vous, je suis un peu francophile donc … le meilleur pour chacun d’entre vous et merci de m’avoir écoutée.

Vancouver, 6 juin 2013.







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