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Sur Internment, l'île qui flotte au milieu des nuages et où vit Morgan Stockhour -16 ans-, s'approcher trop près du bord peu rendre fou. Bien que son grand frère, Lex, soit un Jumper, Morgan s'est juré de ne jamais finir comme lui. Elle fait de son mieux pour oublier à quel point sa vie est tranquille et ennuyeuse, et si jamais il lui arrive de se poser des questions sur la terre ferme, et de se demander pourquoi il est interdit d'y descendre, elle parvient à trouver un peu de réconfort auprès de sa meilleure amie, Pen, et de Basil, son fiancé.
Mais un meurtre, le premier depuis des générations, va bouleverser la ville. Peurs et murmures tourbillonnent dans le vent, Morgan ne peut plus s'empêcher d'enquêter, surtout après avoir rencontré Judas. Il est celui que l'on accuse du meurtre, le fiancé de la victime, mais Morgan est convaincue de son innocence.
Bien des secrets sont dissimulés au cœur d'Internment, mais rien ne peut préparer Morgan à ce qu'elle va découvrir, ou perdre.
(Trad° perso)
“I had this feeling like the solution to everything would be down there if only I could dig through all those clouds.”*
Mon Avis :
J'ai toujours trouvé que les livres de Lauren DeStefano étaient pourvus d'une certaine douceur, d'une sorte de mélancolie enfantine, d'un petit quelque chose qui nous ramènerait directement à un âge qu'on pensait jusqu'ici perdu à jamais.
Pour faire simple, j'avais déjà un très bon feeling sur ce livre quand j'ai lu les mots "floating island" dans le résumé.
Imaginez un peu : une île flottant des les airs façon Laputa de Miyazaki, n'est-ce pas là un merveilleux concept ?
Ça l'est encore plus lorsqu'on se rend compte que l'auteur arrive à traiter cette idée avec autant de poésie et de finesse que Lauren DeStefano.
Elle a très bien pensé son sujet, ne reculant devant aucune mise en situation. Le réalisme qui s'en dégage est saisissant. La vie dans les airs c'est ici des allusions aux nuages, au vent, et au temps. On s'y croirait presque, mais le plus étonnant dans la plume de l'auteur, c'est qu'elle parvient également à apporter une touche de magie à n'importe qu'elle esquisse de routine.
Seulement, la magnifique écriture de Lauren DeStefano ne fait pas tout.“I could imagine such great and impossible things there. Things I didn't have words for.The madness of youth made me unafraid.”+
Je dois avouer que les personnages de leur côté ne sont pas en reste.
Pour ce qui est de Morgan, c'est une héroïne géniale. A première vue elle pourrait paraître frêle, nerveuse et peut-être un tantinet étouride, mais elle ne tarde pas à prendre de l'envergure. Sans être non plus une icône de rébellion incarnée, elle n'en demeure pas moins posée, réfléchie et toujours prête à agir.
N'allez pourtant rien vous imaginer. Son charme repose essentiellement sur cette façon qu'elle a de divaguer, de se perdre dans ses pensées et d'imaginer. Elle s'interroge sur des petits riens, des choses qui peuvent, à premières vue, paraître anodines, mais qui se révèlent bien moins évidentes qu'on pourrait le croire. C'est vraiment un aspect de sa personnalité que j'ai adoré et qui, je pense, accorde une certaine profondeur à son personnage.
“When you were little, you were like a question mark with eyes.”°Puis il y a Pen, sa meilleure amie, qui est aussi incroyablement attachante, pleine d'entrain, de créativité et d'humour. Son petit côté "artiste torturé" est juste passionnant. Elle a des jours avec et des jour sans, comme on dit, mais ça ne l'empêche pas d'être présente pour Morgan.
C'est d'ailleurs ce qu'il y a de plus saisissant dans ce livre : le soutient et les liens très forts qu'entretiennent les personnages avec l'héroïne. On est loin ici de l'image "seule contre tous" où l'héroïne doit se battre à la seule force de sa rage et de ses tripes. Non ici, Morgan a un petit comité qui gravite constamment autour d'elle : Sa meilleure amie, son fiancé Basil (qui est tout simplement adorable ♥), son frère et sa belle sœur sont toujours là pour elle.
On ne peut qu'être touché de voir un tel soutient, une telle force unie dans l'adversité, toujours prête à relever les épreuves de la vie.
“He is right. Internment isn't enough for you," Basil says, suprising me. "Neither is the ground. Neither is the sky.”^Et malgré tout, sous cette délicieuse couche de crème se cache d'intenses réflexions sur bons nombres de sujets à controverses : Religion, sciences, liberté, vie, mort, amour, amitié, enfance...
Ce livre est officiellement classé dans la catégorie dystopie, mais personnellement, j’appellerais plutôt ça un conte dystopique.
Parce que l'auteur remet beaucoup de choses en question, l'air de rien, parce qu'elle sait comment raconter une histoire avec une douceur, une innocence et une nonchalance incroyable, sans pour autant négliger la dureté des thèmes qu'elle aborde.
Si ça c'est pas du talent, je me demande bien ce que c'est !
“Do dreams have to be confined to the same place as the dreamer?”#Tout ça pour dire que finalement Lauren DeStefano refait une petite partie du monde à sa façon, avec des mots, des nuages, des cendres, des prénoms et des pensées. Le rendu est tout simplement bluffant.
Il y a tellement de contenu que j'arriverais difficilement à tout vous résumer, et tellement de citations que ça me tue de devoir n'en choisir que quelques unes. J'espère qu'il sera publié en France pour que la majorité d'entre vous ai la chance le lire un jour...
Et même si la fin nous laisse tout juste envisager ce que l'auteur à derrière la tête, j'ai vraiment hâte de lire la suite. Je croise les doigts pour que le prochain tome sorte sans problème février prochain et pour qu'il ai une aussi jolie couverture ! En attendant, ceux qui peuvent lire en VO... soyez bien avisé ! ;)
“You can't be the reason someone is alive without giving thoughts to what being alive means.”¤_________________________________________________________________________
* J'ai le sentiment que la solution à tous nos problèmes serait là-dessous, si seulement je pouvais creuser à travers tous ces nuages.+ De là-haut je pouvais imaginer l'impossible. De choses sur lesquelles je ne pouvais mettre de mots. La folie de la jeunesse me rendait téméraire.
° Quand tu étais petite, tu étais comme un point d'interrogation avec des yeux.
^ "Il a raison. Internment n'est pas suffisant pour toi," dit Basil, ce qui me surpris. "La terre ou le ciel non plus."
# Les rêves doivent-ils être confinés au même endroit que le rêveur ?
¤ Tu ne peux pas être responsable de la survie de quelqu'un sans réfléchir à ce que vivre veut dire.

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