Je vous ai d�j� parl� du Cilip (qui a gard� son nom, d�ailleurs, au final). Cette association de biblioth�caires britanniques a notamment pour responsabilit� de d�livrer aux biblioth�caires et professionnels de l�information diverses certifications permettant d�obtenir une certaine reconnaissance professionnelle.
Il y a trois niveaux disponibles (et que l�on peut passer les uns apr�s les autres, ou pas, en fonction de son parcours) : la � certification �, pour les assistants biblioth�caires (ou les magasiniers) ; le � chartership �, pour les biblioth�caires ; et le � fellowship � pour les personnes qui en France seraient probablement des conservateurs.
Le Chartership
Je suis en plein dans mon propre parcours en vue du Chartership, je vais donc vous raconter comment �a se passe. Le principe est globalement le m�me pour les deux autres niveaux.Le Chartership est donc � destination des biblioth�caires, non pas au sens du grade fran�ais, mais au sens plus large de � professionnel des biblioth�ques �. La norme au Royaume-Uni est d�avoir un Master en biblioth�conomie / sciences de l'information, de se trouver un premier poste et de se mettre alors � pr�parer son Chartership. Cette certification est souvent requise sur les offres d�emploi et c�est souvent la cl� ouvrant la porte des postes les plus qualifi�s. Une fois qu�on l�a obtenu, on peut accoler � son nom les lettres � MCILIP � (un peu comme un m�decin anglo-saxon ajoute MD � son nom�).
Alors, comment �a marche ?
Il s�agit de prouver sa capacit� � appliquer son savoir et ses comp�tences sur son lieu de travail, de les d�velopper pour am�liorer ses comp�tences professionnelles en fonction des exigences de son poste et de d�velopper une r�flexion sur ses pratiques et son environnement professionnel.Dans les faits (et selon les toutes nouvelles r�gles en vigueur), d�s qu�on est inscrit et qu�on s�est trouv� un mentor, on commence par remplir son PKSB. Le Professional Knowledge and Skills Base est une sorte d�immense tableau listant toutes les comp�tences et tous les savoirs que pourrait poss�der un biblioth�caire. L�id�e est de se noter soi-m�me sur l�ensemble de ces points (il faut �tre membre du Cilip ou d�bourser �25 pour obtenir le document si vous voulez tenter l'exp�rience). Bien s�r, personne ne peut avoir un score maximal dans toutes les cat�gories, c�est impossible. Non, on va plut�t chercher � analyser quelles sont les cat�gories les plus importantes pour le type de poste sur lequel on est en ce moment et s�en servir de guide pour la suite.
La deuxi�me grande �tape, va donc d��tre d�essayer de s�am�liorer sur ces points. �a peut durer autant de temps qu�on le souhaite et m�me �tre fait r�trospectivement. Tous les moyens sont bons : assister � des conf�rences, visiter d�autres biblioth�ques, lire de la litt�rature professionnelle en ligne ou hors ligne, participer � des ateliers, � des chats pro sur Twitter� Tout ce que nous faisons naturellement dans le cadre de la formation continue. Mais en plus de le faire, il faut en accumuler la preuve : collectionner les certificats de pr�sence, r�diger des comptes-rendus et des fiches de lecture. Et d�montrer comment tout �a se ressent effectivement sur votre travail (dans mon cas par exemple, je vais collecter des exemples de plans de s�ances de formation que j'ai con�us en appliquant des principes lus dans un bouquin sp�cialis�, ou essayer d'obtenir du feedback aupr�s de mes �tudiants).
Pour ne pas s'y perdre, on peut traiter �a comme une exp�rience in vivo et tenir un carnet de labo notant nos avanc�es au jour le jour...
Car la troisi�me �tape sera celle de la construction d�un portfolio. Celui-ci doit comprendre un CV, une fiche de poste, son PKSB initial et un PKSB final (votre score doit donc avoir augment� dans les domaines qui avaient �t� d�sign�s comme cruciaux pour votre poste), un texte r�flexif de 1000 mots et une collection organis�e des � preuves � de votre d�veloppement professionnel. Un jury examine tout �a et vous octroie le Chartership ou vous renvoie � vos brouillons�
Et moi, et moi, et moi...
Je suis en plein dans la phase deux� Et je dois avouer que �a me pla�t �norm�ment. �a me pousse � aller plus loin dans mes vell�it�s d�auto-formation et dans mes lectures professionnelles, �a me donne une excuse pour demander des formations � tout-va aupr�s de mon employeur et de me porter volontaire pour assister � toutes les r�unions possibles qui se rattachent de pr�s ou de loin � mon poste. C�est tr�s enrichissant. Et m�me si j�ai toujours fait cela � un certain degr�, c�est un sacr� coup de boost pour mes comp�tences professionnelles !De plus, je trouve que le principe tombe vraiment sous le sens : pour �tre certifi� comme un v�ritable biblioth�caire, il faut prouver qu�on en a les comp�tences et que l�on cherche � s�am�liorer. C�est plus logique qu�une s�rie de concours abscons, non ?
Image emprunt�e au Chartership Handbook, Cilip
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