Former � la recherche documentaire sans ordinateur... Ou presque !



J'ai la chance de travailler dans une institution qui poss�de un public relativement divers. Dans les faits, nombreux de mes �tudiants suivent leurs �tudes � temps partiel et sont ins�r�s dans la vie active depuis de nombreuses ann�es.
Avec eux, le probl�me que je rencontre le plus, c'est une "computer literacy", une ma�trise de l'outil informatique, relativement faible, qui les emp�che d'utiliser au mieux les ressources documentaires � leur disposition. Et comme je n'ai pas la possibilit� de les aider � se mettre � niveau directement, il faut parfois savoir �tre cr�atif...
Voici les m�thodes et les "trucs" que j'utilise pour prendre en compte leurs besoins lors de mes formations, en sept points.

Savoir � qui on s'adresse. J'envoie syst�matiquement un questionnaire la semaine avant la formation afin d'�valuer le niveau des �tudiants. Je ne leur demande pas ce qu'ils savent faire (do you know how to...? > yes/no/I'm not sure) mais quel est leur �tat de confiance vis-�-vis des diff�rents outils (how do you feel about...? > Very confident / confident / not really confident / what is that?)

Faire des groupes de niveau. Si c'est possible, diviser les �tudiants en groupes de niveau c'est tellement tellement mieux !
Leur demander de se r�partir eux-m�mes entre trois groupes de niveau peut marcher assez bien. Sinon, je les r�partis d'autorit� en fonction de leurs r�ponses � mon questionnaire.
Ainsi, si j'arrive � isoler les �tudiants de "niveau faible", �a me permet de commencer par passer du temps avec eux pour v�rifier qu'ils savent bien utiliser Firefox (oui, oui...) et trouver le site de la biblioth�que avant de passer � quoi que ce soit d'autre.
Avec les autres groupes, je vais pouvoir avancer plus vite et voir plus de choses.

Visualiser sans le stress de l'outil. Le truc important que j'essaie de transmettre � mes �tudiants, ce n'est pas forc�ment la technique d'utilisation d'un outil (�a en fait partie mais c'est loin d'�tre le premier point sur ma liste), mais la m�thode qu'il y a derri�re. C'est l� que sont les comp�tences transf�rables qui leur permettront non seulement de savoir utiliser cette base de donn�es en particulier, mais de savoir utiliser toutes les bases de donn�es similaires (par exemple).

Du coup, si on se d�tache d'un outil particulier pour aller vers les concepts abstraits qui sont derri�re, on peut s'�loigner des supports informatiques pour jouer avec des mat�riaux plus physiques. Avec des sch�mas et autres documents p�dagogiques, ou avec des activit�s � faire "avec les mains" plut�t que sur ordinateur.
Et �a, c'est tr�s bon quand on s'adresse � des personnes qui sont extr�mement stress�es par l'utilisation d'outils informatiques. Cela permet de parler calmement d'un concept en particulier et de s'assurer qu'elles ont bien compris les bases avant de mettre le tout en application sur ordinateur.
Autre utilit� : pour faire cours dans une salle non informatis�e, o� les �tudiants ne vont pas pouvoir tester l'outil imm�diatement. �a permet de s'assurer qu'ils ont au moins saisi les concepts.
Et �a marche m�me avec les plus d�brouillards qui n'auraient th�oriquement pas besoin de cette b�quille pour saisir comment �crire une �quation de recherche par exemple. Dans mes questionnaires de feedback, les petites activit�s manuelles que je propose sont toujours ce qu'ils ont pr�f�r� dans la s�ance.

Dans les faits, qu'est-ce que �a donne ? Et bien des fiches d'activit�s comme le Good Search / Bad Search ou un jeu en groupe comme celui de la "Recette" ; je vous les avais pr�sent�s tout les deux dans mon article sur les p�dagogies actives.
�a peut aussi �tre de v�ritables petits jeux de soci�t� invent�s pour l'occasion afin d'illustrer un concept, des puzzles, des activit�s se rapprochant plus des travaux manuels... J'en ai quelques exemples sous le coude en ce moment ; je vous les pr�senterais quand je les aurais test�s sur mes �tudiants.

Savoir prendre son temps. D'apr�s les commentaires que je re�ois dans mes formulaires de feedback, m�me quand je mets pas mal d'activit�s simples dans une session, les �tudiants pensent toujours que la le�on allait � la bonne allure. Du coup, mieux vaut aller le plus doucement possible et les faire jouer avec les concepts au cours d'activit�s p�dagogiques plut�t que de se pr�cipiter pour essayer de voir le plus de choses possible en un temps record : ce n'est jamais du temps de perdu.

Revenir enfin � l'outil. � un moment ou � un autre, il faut bien l�cher ses petits papiers et revenir vers l'�cran d'ordinateur.

Si j'ai affaire � un groupe de faible niveau assez homog�ne, on va aller tr�s doucement et voir assez peu de choses. L'id�e est de ne surtout pas les noyer, mais de les mettre suffisamment en confiance pour �tre s�re qu'ils sauront reproduire avec confiance les quelques �tapes simples que je vais leur montrer.
Je montre chaque �tape une part une et j'attends bien que tout le monde ait r�ussi � la reproduire sur son pc, m�me pour les trucs les plus �l�mentaires comme cliquer sur un bouton...

Si je n'ai pas pu diviser la classe en groupes de niveau, je demande � une coll�gue de venir m'aider et elle peut v�rifier que tout le monde suit et aider les retardataires pendant que je pr�sente des fonctionnalit�s plus avanc�es.

Des photocopies, rien que des photocopies. 
Quelle est l'utilit� d'avoir des documents p�dagogiques uniquement en ligne si les �tudiants ont du mal � y acc�der ? Pour les "computer literate", la question ne se pose pas. Mais pour les autres je suis devenue une adepte du bon vieux polycopi�.
J'ai toujours de meilleurs retours quand je distribue les supports � l'ancienne. Bien entendu, je mets aussi tout en ligne et je leur envoie un email avec les liens juste apr�s la formation.

Autre exemple : quand mon formulaire de feedback �tait en ligne, je n'avais environ que 25% de r�ponses. Maintenant, j'en distribue une copie imprim�e qu'ils remplissent avant de partir et j'ai un taux de r�ponses de 100% !
Certes, c'est mauvais pour les arbres... Mais je n'ai pas encore trouv� de meilleure alternative.

Un dernier point :
Former les formateurs. Je propose syst�matiquement aux professeurs d'assister � la formation avec leurs �tudiants : souvent, ils en ont plus besoin qu'eux ! En particulier ceux qui rechignent � me donner du temps pour passer dans leur classe : c'est souvent qu'ils n'ont pas id�e de tout les savoir-faire que nous pouvons leur apporter. Et parfois leur "computer literacy" laisse elle aussi � d�sirer...
Et � ceux qui n'ont pas pu venir, je propose de venir les former en seul-�-seul directement dans leur bureau. Ils ne m'�chapperont pas !


La photo ci-dessus est de Phil Gyford. Elle est mise � disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d�Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 G�n�rique.

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